Kévin Cadet (France)

J’ai toujours considéré la ville comme un vaste  terrain de jeux. Ainsi, le fruit de mon précédent travail a donné vie à des toiles portées sur l’architecture des grands ensembles. Ces assemblages de  rues aux perspectives sans fin qui nous entraînent dans ce grand infini, ce labyrinthe.

En effet, je suis de ceux, perpétuellement étonnés de constater les transformations que subit notre cadre de vie (en fonction des heures, des saisons,  de la fréquentation du paysage qui nous entoure, ou encore de notre propre regard évoluant sans cesse). Puis, il est arrivé le temps de décortiquer  l’intérêt que je porte à ces  grandes fourmilières. Nos villes.

Mes curiosités conjointes pour l’architecture des villes et ce qui  peut-être traduit par  l’intimité de tout un chacun,  m’a donné l’envie de confronter ces deux thématiques au sein de mes œuvres.

Ma démarche traitant, dors et déjà, de l’habitat et son architecture ; naturellement l’intimité, m’a conduit vers son intérieur dédoublant mes fenêtres d’observations. Ma recherche se poursuit aujourd’hui  sur les influences entre l’Homme et son habitat. Comment s’assemblent ces deux énigmes ? L’essence de l’être, souvent si  mystérieux, et l’esprit d’une ville qui part son melting-pot   est tout aussi fluctuant et énigmatique.

Ainsi, le traitement de mes personnages, et des décors dans lesquels ils sont voués à évoluer, cherche à restituer mes interrogations et à les offrir à ceux qui s’attarderont devant leurs représentations.  Les situations intimes que je mets en scène sont  un moyen de cohésion  avec le public. Les actions sont volontairement suspendues dans des états de divagations et/ou d’attentes. Je tente de révéler l’espace mental. J’aime que l’on me raconte ce que l’on  imagine de mes sujets.  De la même manière  que ce qui nous arrive de croiser du regard au quotidien, dans un trajet simple, se charge de récit fictif et totalement subjectif.