Olivier Glon, plasticien.                                                                Né aux Antilles en 1968.

Se retrouver face aux images digitales d’Olivier Glon, c’est être pris dans un univers fantastique qui semble jaillir du mur ou au contraire s’y enfoncer. Pour parvenir à cet effet de 3 dimensions ou stéréoscopique, il utilise un procédé numérique dit «lenticulaire».

Celui-ci entrelace 3 plans désignés selon différents niveaux de netteté au sein desquels le volume est traité par la lumière à la manière d’un photographe.

L’artiste met en scène cyclopes, bonhommes patapoufs ou bestioles farfelues au sein de décors oniriques qui interpellent notre imaginaire. Les formes sont largement épurées, les couleurs chatoyantes et les textures lisses. De cette combinaison résulte une image à la fois séduisante et volontairement aseptisée, qui reprend les codes de la production marketing. Elle est pensée pour capter l’attention du regardeur et susciter chez lui l’envie d’acquérir l’objet valorisé. Ici, c’est par un univers et des personnages aux allures joviales, parfois un peu crétins (donc attendrissants) que le plasticien embarque le spectateur. Dans les deux cas il s’agit d’une forme de manipulation. Jamais n’est vendue la réalité des choses, mais ce que la publicité y projette : le beau, le bon. Parfois le bonhomme est l’unique sujet de l’image, menant ainsi l’épure à l’extrême. Arborant une gestuelle en adéquation avec sa dégaine, il se tient sur un fond coloré infini ;

il pose comme le ferait un mannequin en séance photo. Olivier Glon utilise un univers enfantin, empreint d’une forme de naïveté pour dénoncer ce monde trop lisse fabriqué par des technologies mais qui en réalité n’existe pas. En poussant à outrance les techniques utilisées par le marketing, le plasticien cherche à les révéler pour mieux les dénoncer.

Les grenades du « Dragon aux grenades » sont un peu l’anti-pub des

bonbons

gélatineux que l’industrie cherche à faire avaler aux enfants au détriment de leur santé. Olivier Glon dénonce la duperie dont fait usage la publicité pour parvenir à ses fins.

Si l’artiste génère physiquement des tableaux (2 dimensions), il se considère comme un sculpteur et un photographe. Grâce à l’ordinateur, il sculpte virtuellement des volumes à l’aide d’un traitement spécifique de la lumière. Avec ce même procédé il est en capacité de générer 3 types de production :

un tirage lenticulaire, une sculpture, une animation.

Bien que produites de façon numérique à l’aide d’outils issus du design graphique, la seule façon d’appréhender toutes la dimension des oeuvres de l’artiste, reste de s’y confronter physiquement.

Le travail du plasticien s’inscrit dans la mouvance du toy art pour son esthétique et du geek art pour l’usage des technologies avancées. Il est particulièrement inspiré par Jean-Michel Basquiat, Takashi Murakami, par les dessins animés japonais, mais également par la musique électronique (Carl Cox) et synthétique de Détroit (Jeff Mills).